Tragédies

Les tragédies familiales

C’est très tôt que le destin met à l’épreuve Laurence Deonna. Son petit frère, le petit Pierre n’avait que sept ans au moment du drame. En l’absence de leurs parents, les deux jeunes frères de Laurence trouvent un revolver chargé appartenant à leur père, rangé dans l’un des tiroirs de son bureau. Ce qui n’était au départ qu’un jeu tourne à la tragédie et Petit Pierre, le plus jeune, meurt d’une balle en pleine poitrine. C’était en 1950, Laurence avait 13 ans. « Comment le dire quand il n’y a pas de mots pour le dire ? ». Dans ce milieu calviniste (nerver explain, never complain), la mort affreuse du Petit Pierre disparaît rapidement des conversations. Cette mort ne cessera d’obséder les nuits de Laurence des années durant. Suivra la disparition de ses parents, tués dans un accident de voiture, en 1972, entre Genève et Lausanne, par un chauffard ivre et proxénète de surcroit. Laurence a 35 ans. Elle a déjà parcouru le monde, mais n’en écrira pas moins: « Dans la nuit du dimanche 10 septembre 1972, j’ai perdu mon enfance à jamais ».

Ces drames vont la pousser à se forger une carapace. Elle comprend que désormais elle sera seule et ne pourra plus jamais compter sur un amour inconditionnel. Le voyage deviendra une sorte d’exutoire, tant que faire se peut.

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